Wiels → Performance "Hic et nunc"

Le 6 avril, le WIELS, Centre d'Art Contemporain, présente la performance "Hic et Nunc", issue d'une collaboration entre le danseur Takao Kawaguchi, le musicien Rodolphe Coster et Joëlle Shabanov, chorégraphe au Créahm-Bruxelles. Fruit d'un atelier de recherche, cette performance allie subtilement contrainte et liberté.
Un atelier de recherche
Du 27 mars au 5 avril, Joëlle Shabanov et les danseurs du Créahmbxl participent à un atelier de recherche qui prend place aux Bains Connectives et au Palais du Midi. Généreux, simple, décalé, l'atelier cherche à retrouver un geste non codifié, ce naturel qu'adulte avons parfois du mal à conserver. Les lignes de travail sont multiples, mettant à l’honneur toutes les parties du corps, toutes les émotions, de la tristesse à la joie, de la solitude à l’émerveillement. Un moment qui décortique naturellement le mouvement, efface les contraintes de la danse sans en altérer la simple beauté.
Cet atelier de 10 jours, mis en place par Joëlle Shabanov et le groupe de danseurs qui la suit depuis quelques années avec la collaboration de Christelle Deidda, se construit avec le danseur professionnel Takao Kawaguchi (Kunstenfestivaldesarts 2016) et le compositeur belge Rodolphe COSTER (prix compositeur Arts de la Scène Sabam 2016). Il est destiné à produire une création singulière, entièremement ancrée dans le moment présent et la magie de la rencontre, sur une composition originale de Rodolphe COSTER.
Origine
Christelle Deidda découvre les soirées d’expérimentations chorégraphiques du Créahm-Bruxelles, la performance dansée de Takao Tawaguchi en mai 2016 au Dynastie Gebouw dans le cadre du Kunstenfestivaldesarts, et la personnalité musicale de Rodolphe Coster. De ces expériences en résonance, une évidence s’impose : composer ensemble un univers commun où espace, mouvement et musique interagissent pour former un tout.
En 2017, les danseurs du Créahm-Bruxelles, menés par la chorégraphe Joëlle Shabanov, accueillent le dance performer nippon Takao Tawaguchi et le compositeur belge Rodolphe Coster pour un atelier de recherche.
Qui sont-ils ?
Takao Tawaguchi est un danseur professionnel japonais. Il travaille depuis plus de trente ans dans un “Overground” engagé des sentiers du performatif. Ex-membre du collectif artistique Dumb Type, danseur, acteur, traducteur, chorégraphe, Takao Kawaguchi prend à bras le corps les stimuli s’offrant à lui, aime prendre forme dans l’instant avec ce qui lui est donné et se rapprocher des contraintes de la danse libre.
Rodolphe Coster est musicien, compositeur et acteur. Il travaille en solo mais collabore aussi fréquemment avec des compagnies de théâtre et de danse. Il se produit en Asie, en Amérique, en Afrique, et en Europe. Rodolphe Coster n’a pas peur de composer dans l’instant la mélodie urbaine tour à tour légère et grave, à fleur de peau qui peaufine et affûte les sens. Son approche est empathique, épurée et véritable.
Le Créahm-Bruxelles est un laboratoire d'exploration artistique pour personnes en situation de handicap.
La rencontre
L’enthousiasme immédiat des trois pôles de ce travail de recherche reflète l’aspect incongru, voire novateur, de faire se rencontrer des écorchés vifs qui bon gré malgré nagent à contre-courant. Il est aussi intéressant de souligner les frontières sociétales d’un Japon où le handicap n’a pas de place à l’air libre et la liberté de la Belgique où l’on trouve de l’oxygène pour tous.
Le travail respectif de ces artistes est un travail de longue haleine, de sueur, et pourtant leur performance ne met en avant que l’instant présent, “Hic et Nunc”, celui qui fait le lien entre le passé et le futur en devenir. Ce triumvirat rassemble quelques décennies de prises de risques artistiques où tout travail se vit dans l’instantanéité de la performance à chaque fois unique et singulière. Le corps et l’esprit ne font qu’un, mais un UN protéiforme.
L'atelier s’inscrit dans une démarche générationnelle, culturelle, urbaine tant au sens propre que figurée. Tous habitent une capitale et partagent ce don de l’amabilité de mettre à notre portée une technique, la danse, dans ses mouvements les plus fluides, amplis d’oxymoron d’empathie complexe alliant subtilement contrainte et liberté.
Les artistes ont pris dix jours pour illustrer cette rencontre de(s) corps, leur seule langue commune, un court laps de temps pour aller vers l’essentiel, mais une manne de possibilités sensorielles pour reconnecter corps et esprit le temps d’une représentation.
Le résultat : une performance qui s'éloigne du discours éreintant sur le gommage des différences ou de la discrimination et met plutôt l’accent sur l’allégresse, l’ingénuité, la joie, la technicité. Pour reprendre le slogan de Luigi Pirandello : « L’Art venge la vie ».
Wiels
WIELS
6 avril 2017
Deux représentations : à 19h et 20h30

















