Exposition Echos → Wit.h, Courtrai
L’exposition Échos entrelace les œuvres d’artistes du Créahmbxl et de l’atelier De Kaai (Goes). Curatée par Wit.h, De Kaai et Créahmbxl, elle fait appel à l’imaginaire de la cabane : abri, terrain de jeu, espace de retrait. Hétéroclites et magnifiques, ces architectures éphémères sont habitées par des voix, poème sà écouter ou à lire. Échos, résonances.
Wit.h, déplacer l’accent sur l’artistique
Six artistes du Créahmbxl ont été invités par l’association Wit.h à réaliser des œuvres qui entreraient en dialogue, en « échos », avec la poésie des auteur·ices de l’atelier De Kaai, à Goes.
L’exposition Échos prend place dans une maison de ville où l’on circule de pièce en pièce. Car Wit.h est basée dans le centre de Coutrai.
Pourquoi Wit.h ? « Wit », rend hommage au blanc, qui contient tout le spectre des couleurs. Le « h » s’ajoute en rappel de la philosophie des deux acteurs principaux de l’association, Luc Vandierendonck, son actuel directeur artistique, et Bart Vandevijvere, artiste et collaborateur. Dès leur première collaboration, en 1992, les deux hommes posent la rencontre avec le public au cœur du projet. L’art est pour eux à la fois une fin en soi et un moyen de rencontrer l’autre. Soit « with » parce que l’art se créé« avec » et se pense comme vecteur de vivre ensemble.
Semblable en cela au Créahmbxl, l’association met l’accent sur les qualités et le parcours artistique de la personne plutôt que sur le handicap et s’ouvre à de multiples collaborations. Dont celle qui prend place en ce mois de mai.
Échos
L’exposition Échos fait appel à l’imaginaire de la cabane : abri, terrain de jeu, espace de retrait ou même lieu de résistance. Accompagnés de Rémi Tamburini, les artistes du Créahmbxl ont imaginé et créé en quatre mois leur interprétation de cet espace.
Libre de choisir matériaux, format et techniques, ils ont livré des architectures fragiles ou éphémères en prise directe avec leur sensibilité.
Construites à partir de matériaux simples, souvent recyclés, leurs cabanes constituent de nouvelles formes d’habitat, pour le corps ou l’esprit.
Prises une à une, elles constituent une exposition à elles seules, un monde dans lequel le ou la visiteur·euse est invité·e à pénétrer.
Architectures imaginaires
Insolites, ces espaces nous racontent des histoires. Par leur présence tangible, mais aussi parce que des mots, les poèmes des artistes de l’atelier De Kaai, s’y affichent ou les traversent.
Aussi : Audry Mananga a construit une maison de bois sur pilotis. Le toit est formé de masques africains fracassés (faux, saisis par les douanes). Les murs et la terrasse miniature, les pilotis et le plafond sont couverts de visages qui se distinguent par de minuscules détails. Par l’ouverture de la porte, un écran vidéo vertical permet de découvrir Rik Meijers qui lit ses poèmes, assis dans un espace vert. Dans cet espace sombre, une ouverture de soleil.
La tente de Richard Moszkowicz, composée à la bédouine de grands pans de toiles peintes, s’arc-boute sur de longs piquets, des tables et des chaises. Irma van Osch a disposé autour un coussin brodé, ainsi qu’un drap sur lequel sont inscrits des mots-poèmes.
Une vidéo de Caroline Vandermeiren tourne en boucle sur un écran vintage ; ses lignes colorées se juxtaposent au fil d’images en stop-motion, sous la voix de van Osch qui récite une poésie.
Œuvres de patience
Réalisées pour l’exposition, les œuvres ont nécessité de longues heures de travail et de réflexion. Michaël Mvukani Mpiolani a gravé sur les parois transparentes d’une serre un foisonnement de plantes tropicales. Large feuilles et fins entrelacs projettent une végétation fantomatique sur les murs, tandis que les mots de Monicque Smallegange s’affichent sur l’un des pans de verre, rappelant la présence d’humains au sein de cette nature fantasmée.
En collaboration avec Gaëlle Leroy, Kirill Patou, qui a retrouvé le chemin de ses châteaux intérieurs, a bâti un palais en carton. Immense, occupant un pan de salle, il arbore tours crénelées, chemins de ronde et farandole de mots inventés. Humble cabane, rêve étendu.
Accompagnée de Brigitte Arbelot, Géraldine Vink a façonné à mains nues une maison de terre. Magnifique, elle dévoile lorsque le regard s’y coule un unique éclat de lumière à l’intérieur, travail de céramique avec reflets. Sous l’œuvre, une voix s’élève du socle et habite la sculpture. Monicque Smallegange y décrit l’intérieur de la maison : ce qui s’y passe, l’aménagement des pièces. Par ses mots, la poétesse donne vie à la maisonnée.
Échos, résonances.
Wit.h
Groeningestraat, 25
8500 Kortrijk
Sur rendez-vous à l'adresse info@vzwwith.org
ou au 0479 911 671 (Wit.h)